Les journées s’allongent et les températures se font plus clémentes en ce début du mois d’avril. Avec l’arrivée des beaux jours, il est difficile de ne pas avoir une petite pensée pour les vacances estivales à venir, qui se dérouleront peut-être sous le soleil du Sud, avec le chant obstiné des cigales en arrière-plan…

À ce propos, savez-vous par quel tour de force les cigales réussissent à produire ce son si particulier ? Au Journal des animaux, ce qui est certain, c’est que l’arrivée du printemps stimule notre curiosité !

Des cymbales pour produire des sons

La plupart des insectes frottent des parties de leur corps, le plus souvent leurs ailes ou leurs pattes, pour produire les sons qui les caractérisent. Ce n’est pas le cas des cigales. Pour comprendre la manière dont elles s’y prennent pour produire ce chant si sonore et particulier, regardez plutôt la vidéo de cette cigale que nous avons croisée sur l’île de Port-Cros (et qui a gentiment accepté de nous laisser enregistrer ces quelques images) : ce ne sont pas les ailes qui sont frottées entre elles, mais bien l’abdomen entier de l’animal qui est secoué de mouvement frénétiques.

Et pour cause : sur leur abdomen, les cigales possèdent des organes appelés « cymbales ». Comme l’instrument de musique qui porte le même nom, les cigales utilisent cette partie de leur corps pour chanter – les sons produits par la cigale sont d’ailleurs appelés « cymbalisation ».

Clic-clac ! clic-clac !

Les cymbales sont situées juste derrière les ailes de l’animal. Elles ont l’apparence de petits volets semi-rigides, qui peuvent se déformer sous l’action des muscles cymbaliques situés dans l’abdomen : lorsque les muscles se contractent, les cymbales changent de forme pour prendre une allure concave – elles se creusent vers l’intérieur de l’abdomen en émettant un « clic » caractéristique. Puis, quand les muscles se relâchent, les cymbales reprennent leur forme initiale convexe – elles s’arrondissent vers l’extérieur de l’abdomen et émettent alors un « clac ».

Les cigales sont associées au soleil et à la chaleur de l’été, et pour cause : une température de 22 à 25 °C minimum leur est nécessaire pour activer les cymbales utilisées pour le chant. S’il fait moins chaud, leurs muscles deviennent moins souples, et la cymbalisation peut se révéler un exercice difficile.

Ces mouvements, répétés à une fréquence très élevée (300 à 900 « clic-clac » par seconde selon les espèces !), constituent le chant des cigales… mâles. En effet, seuls les mâles produisent ce chant, qui vise à attirer les femelles. Les femelles ne disposent pas d’un appareil cymbalique aussi complet que celui du mâle. De plus, pour accentuer l’intensité du chant, les mâles possèdent un abdomen creux qui agit comme une caisse de résonance.

De l’ombre à la lumière

Exuvie de cigale (ancienne cuticule que l'animal a quitté lors de la mue imaginale)

Exuvie de cigale (ancienne cuticule que l’animal a quittée lors de la mue imaginale) — © Le Journal des animaux

Les cigales nous réservent encore de nombreuses surprises… Cette vie à l’air libre, durant laquelle elles chantent avec insouciance sous le soleil écrasant du Midi, ne représente en effet qu’une courte période de leur cycle biologique. Les deux premières années de leur existence, les cigales vivent sous terre sous forme de larves. Ce n’est qu’à la fin de la période larvaire qu’elles sortent au grand jour, se mettent en quête d’un support (le plus souvent un tronc d’arbre) et s’y ancrent solidement pour effectuer la mue imaginale. Trois heures en moyenne sont alors nécessaires pour que la cigale s’extraie de son enveloppe larvaire, et que son squelette cuticulaire se rigidifie. Trois heures de grand danger, durant lesquelles les cigales se retrouvent à la merci des prédateurs.

Une période brève (deux à trois semaines seulement) mais intense attend celles qui auront atteint le stade adulte. Chanter, séduire, se reproduire… Pour les cigales, la vie à l’air libre n’est pas de tout repos !

Le mot de Charles l’ornithorynque :
Chanter en secouant son abdomen, quelle drôle d’idée… Les cigales renferment des mystères insoupçonnés !
D’ailleurs, à votre avis, quels sons produisons-nous, nous autres ornithorynques ? Je vous le dirai un jour, peut-être… Si vous êtes sages…


Sources :

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